I survived La Crimée

Je ne regarde jamais la télé.  Attention, C’est pas que les programmes soient nuls, je me souviens d’une émission où des détectives russes ( si si )  filmaient les adultères, et après confrontaient les deux partis. .  Mais avec l’invasion de la Crimée, j’ai commencé à m’intéresser à quelques émissions.

Et puis rapidement, c’est devenu vraiment fatiguant. Tous ces soldats qui n’ont pas le droit de répondre aux questions des journalistes et qui vous disent de vous casser, les gens qui gueulent dans la rue, les chiens errant, on se croirait en Russie.

Par contre, ça m a rappelé un voyage fait il y a quelques années. A l’époque. Wil venait de déménager à Dniepropetrovsk.  Il m’a proposé de venir voir son usine de maïs, j’ai refusé, alors pour se rattraper il m’a demandé si un tour en Crimée me dirait. J’étais pas sur. Il a précisé que les nanas étaient bonnes. J’ai accepté.

1 mois plus tard, me voila à Dniepropetrovsk. Voyage un peu fatiguant avec la compagnie AeroSvit, que j’ai surnommée AeroFist tellement j’ai eu du mal avec eux. Bref, on est arrivé à l’aéroport, j’ai été chercher mon bagage dans ce qui ressemblait au poulailler de ma grand mère, et départ pour la «ville«.

Sur le chemin, Wilfried m’a raconté qu’il avait eu une journée difficile car la construction de l’usine prenait du retard. Je lui ai répondu que j’en avais rien à foutre, et on a mis la radio. Là, grosse promotion sur les canapés en poil de moquette.

On est arrivé à l’appart, on s’est changé, et la Wil m’a proposé de sortir. « Tu vas voir, les nanas ici sont top«. Moi, je suis un peu le Saint Thomas des boites de nuit, je ne crois que ce que je vois, et on a été faire un tour. Et là, putain ! (Les boites, pas les nanas. Ou l’inverse)

Lendemain matin, départ pour  la Crimée. Wil m’a proposé un nesquick avec du lait de vache qu’un fermier venait de lui donner et j’ai été manger au Mac Donalds.  Enfin, on est monté dans sa Renault Symbol et on est parti. C’est parti, c’est un peu vite dit, car on savait pas trop où aller. « Tout droit, et après on verra«

La journée est passée vite, très vite même, car je n’ai fait que pioncer. Je suis vraiment un co pilote horrible. Vers 15 heures, un coup dans les côtes m’a réveillé.

-          Julien, on s’est fait arrêter par les flics

-          Pourquoi ?

-          Je roulais comme un con

-          Ah. Tu veux de l’argent ?

-          Non, c’est bon, je gère, regarde

S’en suit un discours mythique entre Wil et l’agent.

-          Bonjour, vos papiers. Vous savez pourquoi je vous arrête ?

-          Je roulais un peu vite, je crois

-          Vous étiez à 110 au lieu de 70

-          Oui, c’est vrai

-          Je vais devoir immobiliser votre véhicule et vous retirer votre permis ainsi que votre passeport et votre visa. Vous irez sûrement en prison également

-          Il y a-t-il moyen de payer une amende tout de suite ?

-          4 euros

-          2

-          3

-          Non, je paye toujours 2

-          Bon d’accord

Et on est reparti. Là, Wil m’explique, mort de rire, que c’est rien, une fois il roulait à 130 dans un village. Je l’ai félicité en lui mettant une tape sur la tête, mais il conduisait et on a failli se manger, donc j’ai arrêté. Il faisait super beau, on était au mois de juillet, et on allait à la mer. C’était parfait.

On a eu des difficultés en arrivant vers Simferopol. On n’avait pas de GPS – plus aucun panneau, – il commençait de faire nuit – pas d’éclairage. On a demandé aux gens, qui nous racontaient que des conneries, et au final on est arrivé. C’était juste incroyable, on nous indiquait 10 minutes, puis 40 puis enfin 20.

Là tu te dis que quand même, deux sur les trois ne savent même pas ou  ils sont. «T’habites ou ? Je sais pas «. On s’est senti brusquement entouré de champions de monde. Et ils étaient tous réunis en un seul endroit : La Crimée.

Finalement, on est arrivé à Simféropol, puis Sébastopol. Il était déjà 9h du soir, donc on a décidé d’aller dîner sur le port avant de trouver un hôtel. Réserver, pour quoi faire ? « Pour dormir, connard », j’aurais pu m’auto-répondre quelques heures plus tard quand on a dû dormir dans la voiture car tout était plein partout.

Sur le port, des marins. Ca n’allait pas être des pompiers, aurais-je pu rajouter, mais je n’aime pas les sarcasmes donc non. Egalement beaucoup, mais alors beaucoup de drapeaux russes. Et pour être franc, une très mauvaise ambiance. En gros la plupart des gens se sentaient russes, et le faisait bien savoir. En bons touristes étrangers, ça passait, mais les locaux étaient particulièrement cons et agressifs.

Le soir, après avoir cherché des hôtels de libre, on a fini par abdiquer et on a dormi sur la plage. Franchement, c’était à chier, et je ne le referai jamais plus. A 5 heures du matin, réveillés par la chaleur du soleil, on est allé prendre un petit déjeuner, frais comme des gardons.

Là, on s’est dit qu’il fallait visiter Balaklava, ancienne base militaire pour sous-marins taillée dans la roche, et n’écoutant que les James bond sommeillant (et pour cause) en nous, on est allé faire un tour. Très franchement, ça valait le détour. Le soir, on a décidé d’aller en boite. Un russe bourré m a sauté dessus, et quand il vu que je ne comprenais rien à ses menaces de mort, il a compris que j’étais étranger et m’a souhaite la bienvenue. On n’est pas resté.

 

 

Le lendemain, départ pour Yalta. Là, c’était déjà beaucoup mieux. Le chemin qui longe la côte est superbe et il faisait beau. Pas un nuage. La ville, construite dans une crique, entourée par les montagnes, est vraiment jolie.

Première chose à faire en arrivant, un hôtel (hé oui). Pour rigoler, on a choisit l’hôtel le plus soviétique de tous, et on est rentré réserver une chambre. La réceptionniste nous a hurlé dessus, il manquait un papier. Je lui ai tendu en souriant, elle m’a regardé, j’ai arrêté de sourire.

Installés dans nos quartiers généraux, on a pu aller visiter les environs. Et culturellement parlant, le programme est chargé. On a un peu fait semblant le premier jour, puis on a rapidement opté pour la plage et la recherche d’hôtels soviétiques pourris des environs.

D’ailleurs une fois, on sortait d’un château en bord de mer lorsqu’on a vu une voiture qui arrivait comme une dingue sur la  route qui serpentait devant nous. L’abrutit qui conduisait a évidement perdu le contrôle dans le virage, et s’est encastré dans la roche après avoir foncé sur un piéton. Passée l’émotion du « mon Dieu il doit être coupé en deux«, on a aidé a cette pauvre âme à se dégager, et par miracle, elle n’avait rien. Là, tous ont décrété que tout était « normalno«, du coup nous aussi, et on est parti manger, avec une légère appréhension quand au restaurant où l’on allait atterrir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La palme du service le plus naze du monde revient d’ailleurs de droit à Yalta. S’asseoir au restaurant, 15 minutes. Recevoir un menu, 15 minutes. En demander un deuxième parce qu’on est deux, 5 minutes et un juron de la serveuse. Commander, 15 minutes. Se faire servir le plat qu’on n’a pas choisi, 1 heure ( !!!) , finir par hurler dans le restaurant parce qu’en plus, la serveuse lève les yeux au ciel en précisant que vous avez bien commandé une salade  et non une pizza, ça n’a pas de prix.

Qu’ils aillent bien se faire foutre, parce que dans la région, à part promener des pédalos pour touristes et vendre des chichis, il n’y a pas grand-chose à faire. Le problème, c’est que cette façon de traiter les gens ne choque personne, c’est comme à la maison, donc tout le monde se tait et attends un plat qui n’est sûrement pas le sien.

Au bout de quelques jours, il a bien fallu repartir. La région est vraiment superbe, intéressante, et à l’occasion je repartirais bien. Bon c’est pas tout, mais c’était vraiment temps d’y aller, direction Dniepropetrovsk. Tout s’est bien déroulé, sauf vers la fin où on est passé par une ville tellement polluée qu’on ne voyait pas la route. On a fermé les fenêtres car on s’étouffait.

Wil m’a expliqué que c’était bien une ville, et que des gens y vivaient. Pas très longtemps, ceci dit. Plutôt que de déménager à 10 kilomètres, les gens vivaient là, dans leur nuage de pollution. Ca m’a fasciné. Encore un peu plus que les gens qui ne savent où ils habitent. Wil m’a expliqué qu’une collègue à lui venait d’ici. Et quoi qu’elle fasse, elle avait la peau qui pue. Un sacré cas d’étude.

Le soir, on est arrivé pas trop tard, alors  après le macDo, on est retourné en boite. J’ai commencé par une vodka.Ca a été super violent. J’ai repris conscience quelques heures plus tard sur la plage le long du Dniepr.  Je suis rentré, j’ai vomi, j’ai fait mon sac, et wil m’a emmené à l aéroport. J’étais triste. Puis il m’a parlé de son usine et j’ai foutu le camp, me disant qu’après tout Moscou, ce n’était pas si mal.

 

(crédit photo des hôtels soviétiques: laboiteverte.fr)

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Une Tchétchène hystérique, 3 cartons et un rouge à lèvre

Un samedi matin, je me  réveille à 3 heures de l’après midi après une soirée arrosée. J’ai mal au crâne, et fait nouveau, toute la pièce tourne autour de moi. C’est un signe de plus que la soirée était bonne.

Donc je me lève, je comprends immédiatement que ce plan était trop ambitieux, et me recouche. J’ai besoin de faire une pause. La veille, on fêtait la soirée de départ de Tom, le colloc de Yann, à la Fabrique.

Je me souviens du lancer de canettes de Redbull contre les bouteilles du bar, des quantités de shots ingurgitées, et je me dis que c’est vraiment un miracle que d’avoir survécu.

Pas le temps de cogiter tellement plus, coup de fil de ma proprio, la tchétchène. Tiens, d’habitude, elle n’est jamais à Moscou, c’est bizarre. Je ne comprends rien à sa vie.

Elle est mariée mais le mari est toujours en «déplacement «, elle vit avec ses 4 gamins quelque part, et probablement 10 membres de sa famille. En un an, c’est toujours une personne différente qui est venue chercher le loyer.

-      Allo Julien, c’est Djumila

-      Oui…

-      Ca va bien ?

-      C’est … compliqué

-      Toujours pas marié ?

-      Pas depuis le mois dernier

-      Mais quand même, à 25 ans …

-      On y pense, on y pense

-      Tu ne veux toujours pas que je te présente ma sœur ? elle t’aime bien …

-      On verra. Bon, qu’est ce qui vous emmène ?

-      Bon tu sais, ton loyer ? je voudrais le passer à 1500 dollars.

-      Mais ça fait 20% d’augmentation, Djumila. C’est énorme!

-      Je suis à nouveau enceinte, j’ai des frais, tu comprends…

-      Oui mais là c’est trop. Je peux pas payer.

Une demi-heure de conversation plus tard …

-      Je suis désolée, Julien, mais dans ce cas, tu ne peux pas rester.

-      Ok,ok, je pars le mois prochain, ça ira ?

-      Oui. Je suis désolée… Si tu veux mes frères peuvent t’aider pour déménager.

-      Ca ira, je trouverai mes propres pigeons. Bah bonne journée, alors, hein

-      A bientôt, Julien

Bon, je suis dans la merde. Mais en même temps, 20%, faut pas pousser quoi … Tiens, si Tom s’en va, après tout, c’est peut une occasion à saisir.

-      Allo Yann ?

-      …

-      Je sais que tu es là, tu as décroché… Heuh, ça va ? bon ok, oublie ma question. Je peux venir habiter chez toi ?

-      Oui, c est bon, j’ai encore trouvé personne. Je te rappelle plus tard, je crois je vais vomir.

-      Je connais. Bon à plus

Et voila !  Qui a dit que c’était difficile de trouver un logement à Moscou ? Tiens, je vais appeler ma copine pour lui dire.

-      Allo Natalia ? je vais démanger chez Yannick

-      Hystérie au bout du fil

-      Je n’ai pas trop le choix tu sais, ma proprio me vire.

-      Julien , mais c’est degeu, chez Yann et Tom, ils lavent rien et il y a des cafards dans l’appartement.

-      Oh, ça on sait pas. C’est Eléonore qui le dit, après, est ce qu’on peut lui faire confiance ? c’est peut être du lobbying pour faire rentrer Yann en France.

-      J’ai vu leur cuisine, c’est dégueulasse. Ils n’ont pas de poubelle, juste un coin de la pièce où ils lancent les ordures.

-      Ce qui laisse 3 coins de libre ! stop, stop stop. Je plaisante … On achètera une poubelle !

-      Mais par terre, il y a plein de nourriture et de tâches, on peut pas marcher !

-      On passera l’aspirateur.

-      J’ai demandé, ils n’en ont pas. Ils ont même rigolé quand j’ai posé la question.

-      Ah quand même, oui, tu marques un point. On achètera un aspirateur. Je ferai venir une femme de ménage.

-      Je sais pas, Julien … C’est tellement sale que même le proprio les a menacé de les virer… et pourtant, le gars il a pas exactement le profil de monsieur propre.

-      Bon bon … je la ferai venir toutes les semaines. Deal ? De toute façon je suis à la rue dans deux jours.

-      D’accord on fait ca. Tu veux que je t’aide pour le déménagement ?

-      Non, c’est bon 3 tchétchènes vont m’aider.

-      Quoi ???

-      Je t’expliquerai …

Le lendemain, je fais un constat plus qu’amère. Toute ma vie se résume à trois cartons : Quelques livres, des vêtements, et un pc –  mon précieux. Au moins, je suis clairement « out » du système de consommation  mondial …

Avec une heure de retard, Yann passe me chercher en voiture. Il monte, voit mes cartons, et rigole. Je lui explique alors que je suis un altermondialiste, il ne comprends pas, et emporte un carton. Il me dit qu’il à l’habitude, et ça me fait flipper.

Yann, il organise des déménagements. Le problème, c’est que parfois, les mecs cassent  toute la vaisselle, troue des tableaux, inondent des cartons de photos souvenir… la liste est longue, et au bar, on rigole bien. Mais quand c’est tes affaires, c’est pas pareil, quand même. Alors je crains pour mes pulls et mes jeans.

Je referme la porte derrière moi, un peu triste, et rends la clé à la voisine. Encore une page qui se tourne, ça commence à faire beaucoup.

Arrivée chez Yann. C’est comme Natalia l’avait dit : dégueulasse, et on peut pas mettre un pied devant l’autre sans shooter dans un truc. Surpris, je regarde Yann , qui me réponds d’un air incrédule… Et se rajuste : – Ah, ça ? Oui, oui, on fera y quelque chose

Bon, direction ma nouvelle chambre. Tom a pris toutes ses affaires, ça c’est déjà bien, mais il a oublié de faire le ménage. Pourquoi ne suis-je pas surpris ? Pas grave, il y a juste 3 papiers. Sous le lit, par contre, c’est pas des moutons, mais  un troupeau…

En passant le balai, je sens quelque chose, comme un stylo. Sûrement un des « trésors« de Tom. A ma surprise, c’est un rouge à lèvre qui traine.

Heureux d’avoir fait le plus dur, je défais mes trois cartons, et deux minutes plus tard, c’est plié. Deux de plus et je suis dans mon nouveau lit, prêt à m’endormir dans cet espace encore inconnu. Mon rouge à lèvre est sur la commode.

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Les départs, où comment se retrouver à poil en 3 min 30

J’ai vu récemment une image sur facebook qui se résumait à deux cercles assez éloignés l’un de l’autre et où il était écrit sur le premier : votre zone de confort, et sur le deuxième : l’endroit où les choses intéressantes arrivent.

Etre à l’étranger, c’est un peu ça. Les gens y viennent un peu déboussolés, mais n’ayant plus leurs repères, sont toujours prêt pour sortir, rencontrer de nouvelles personnes, et ont enfin une vie palpitante. Et c’est ça qui est génial. Les gens à Moscou sont vivants, tellement plus vivants.

Fini les soirées parisiennes du genre : « ça te dit une bouffe sympa à la maison vendredi ? Il y a aura tous mes couples d’amis. Non non, tu peux venir tout seul, ils seront content de te voir »

Mettez ces mêmes personnes dans un environnement agité comme Moscou, et vous obtiendrez un résultat complètement différent. A l’étranger, vos amis ne sont pas juste vos amis, mais vos camarades, des gens sur qui vous pouvez compter à trois heures du matin, qui sont prêt à tout pour vous aider, car on sait bien qu’en dehors de son cercle, on est plus fragiles, et du coup on se sert les coudes. Ou à défaut, quand on a 20 ans, on ne fait que de la merde.

Aussi, quand mes amis ont commencé à partir par vagues, 6 mois, 1 an, 2 ! (attention la grosse), ça m’a fait plus que bizarre. C’est comme si on vous arrachait le cœur, qu’un troupeau d’éléphants le piétinait, et qu’enfin on vous le remettait en place. Rien n’a changé, mais vous n’êtes plus tout à fait le même.

Mais se lamenter sur son sort n’apporte rien, alors autant faire des vraies fêtes de départ et tout péter. Car ça, au moins on s’en souvient.

A la soirée de départ de Nathanael, on a été embêtés. Il avait déjà fait sa valise, et il n’y avait plus rien à retourner. Quand Seb est entré, il était vert. Mais Seb est un ingénieur, et avec lui, il n’a jamais de problèmes, juste des solutions.

Il a attendu que l’attention de Nathanael se relâche un peu pour réagir. Et ça n’a pas été simple, car lui, il la sentait arriver, la connerie. Effectivement, ayant le dos tourné 2 minutes, Seb en profita pour vider la valise, la remplir de fruits et légumes du frigo, et de mettre un code de sécurité.

Le nouveau code, il ne l’a reçu que le lendemain matin a 6h et par sms, soit 15 minutes avant de prendre son taxi. Intense jusqu’à la dernière minute.

Le pote de William, lui, est parti après un an de bons et loyaux services. Rien à dire. Toujours partant pour sortir, voyager, boire une vodka, un vrai camarade. Lui quand il a fait sa soirée, il y a avait sa copine russe chez lui, donc il s’estimait à l’abri. Le problème, c’est qu’il avait invité Seb. Alors on a quand même tout pété.

Ca a commencé avec des œufs dans le micro onde. L’œuf dans le micro onde, c’est top. Au bout d une minute, il explose, et il en fout vraiment partout. Partout partout.
Avec Seb, on a trouvé un paquet de capotes. Par un acte presque chevaleresque, on en a laissé une sous l’oreiller.

Avec le reste, on a fait des bombes à eau, et on a essayé de viser les fenêtres des voisins (1 point ) qui parfois étaient ouvertes ( 2 points ) les arrosant au passage (3 points mais il était pas content, le mec qui fumait sa clope ). Ca a continué comme ça quelques temps, sous le regard ahuri de la copine de Benoit, puis on est parti après avoir fait le jeu de la bouteille. Ca m’a permis d’embrasser tous mes amis. Donc pas mal.

Bon des fois, c’était plus formel, avec les filles notamment ou des copains qui avaient déjà pris cher par le passé : Nathalie et Francois, Eléonore, Hélène, on n’y a pas touché. C’est surtout qu’elles nous criaient dessus et elles font peur, quand elles crient.

Et puis il y a eu le départ de Seb. Seb, c’est mon pote d’école, que j’ai pu faire venir en Russie, un peu sur un coup de chance. Alors lui, quand il a décidé de partir, ça m’a fait un coup. Pourtant j’ai bien essayé de me distraire à sa soirée en pétant tout, mais rien n’y a fait. Pas même la mousse à raser sur le papier peint. Ou l’aspirateur sous la douche. Ni même les pieds de la table Ikea à la hache. Rien de rien.

Dans la foulée, mon pote Boris s’en est allé avec sa dulcinée vivre en Suède, et la aussi, drame. Avec Boris, on allait en cours de russe puis on se retrouvait au bar à côté, et on finissait torchés à la bière. 2 fois par semaine pendant un an, tout de même, c’est pas rien. On sortait toutes les semaines et on finissait encore torchés. C’était le bon vieux temps. On philosophait sur tout et rien, surtout sur rien d’ailleurs, et c’était chouette.

Apprendre à laisser partir, c’est surement ce qu’il y a de plus dur dans la vie. On est faits comme ça, tous. On rencontre, on s’entiche, et hop on se dit que c’est pour la vie. Sauf que non. C’est pas comme ça. Les gens changent, évoluent, et continuent leur route sans vous. Alors plutôt que de les pleurer, autant se réjouir d’avoir fait un bout avec eux.

Allez merci les gars, et bon vent !

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Embrassez qui vous voudrez

Jeudi, 11h du matin. Je suis en train de faire une bataille de trombones avec mon chef Sacha quand mon téléphone vibre : « Demain je fête mon anniversaire. RDV à la maison à 20h, François«. Cool, le weekend commence bien !

Le lendemain, j’arrive vers 21h00. Tous les russes sont là, et je suis le premier français. François me présente à toutes ses collègues, qui parlent super bien français, et elles me demandent pourquoi les français sont toujours en retard. Ce  à quoi je réponds qu’on ne peut pas être parfait. J’apprends alors que l’on est aussi arrogants et radins. Je ne comprends pas leur réponse et vais poser sur la table de la cuisine les deux bières que j’aies ramenées.

Rapidement, tout le monde arrive : Boris, Yann, Eléonore et des copines, Nathanael , Seb …Et c’est le bordel. A peine déchaussé, Seb monte le son et lance des cotillons un peu partout. Les russes qui étaient sagement assises sur le canapé hallucinent et s’échangent un mot ou deux. Visiblement, on n’est pas que arrogants, tout le temps en retard et radins.

Comme c’est son anniversaire, François doit trinquer avec tout le monde. A la vodka, bien sur, il est imbattable. Et depuis qu’il a battu l’homme araignée à Kazan, il a pris la confiance. Du coup, tout le monde porte des toasts à sa santé, et à ses copines.

5 shots plus tard, Seb, Nathanael et moi sommes bourrés. C’est là que ça dégénère :

– Dans la chambre de François, vite. Trois secondes après, on y est.

– Et maintenant, on fait quoi, demande Nathanael ?

–Ca, répondit Seb en balayant d’un revers de la main l’étagère de livres qui se trouvait à sa hauteur.

Eclats de rire de notre part.

–Allez, dit Seb, tout en balançant un tiroir de caleçons, on attaque le matelas. Avec Nathanel, on était chauds  comme la braise, et balancer le matelas à l’autre bout de sa pièce ne fut qu’une formalité. Sa chambre complètement ravagée, on pu tranquillement sortir.

30 secondes plus tard, et ce malgré la musique à fond, on entendit un cri, deux cris, bruits de couloirs, puis le beuglement de François. Les coupables ne furent pas long à démasquer, c’est-à-dire les trois crétins qui rigolaient dans la cuisine. On confirma tous les deux que c’était l’idée de Seb, connu de tous pour ses pratiques d’un goût douteux, et après des menaces verbales et physiques, on reprit tous un shot.

Pendant ce temps là, les copines de François s’étaient détendues, et on va dire que l’amitié franco russe battait son plein. Elles étaient toutes autour de Yann, et rigolaient à toutes ses blagues. Pourries, comme chacun le sait. Eléonore, elle, se tenait un peu en retrait et essayait visiblement de trancher mentalement la gorge de Yann, ou un truc comme ça. Je décidais donc d’aller lui parler.

–J’ai ramené ma copine Elena, me dit t’elle en souriant. Tu te souviens, celle qui a 50 copains ? Elle est sympa mais quand elle a bu, elle saute sur tout le monde.

Et effectivement, le temps de me retourner, elle était en train d’embrasser François. Scène plutôt émouvante, mais il fallait vraiment que j’aille aux toilettes. En sortant de là deux minutes plus tard, elle était en train d’embrasser Nathanael. Un spécimen. J’ai voulu en discuter avec Eléonore, mais celle-ci embrassait déjà Yann. 5 shots de vodka. Pas un de plus

Eprouvé par tant d’amour délibérément exhibé dans cette soirée, je décidais de m’asseoir. Une russe arriva, me demanda si la place était prise, et je lui répondis que non en regardant mes pieds.

On se mit à parler de tout et de rien, et ne sachant plus quoi dire, lui pointa Elena du doigt, qui s’approchait de Boris.

-      Tu vois, cette fille, je pense qu’elle va l’embrasser dans les 5 secondes qui suivent.

-      Moi aussi, je veux bien t’embrasser si tu peux me dire mon prénom.

-      Euh … attends … je le sais, je le savais… Ah mais c’est trop bête, je suis sur que tu ne l’as pas dit, en fait (bluff de la dernière chance).

-      Si si. Tu perds tes chances, là.

-      Eh bien… Elena ! m’empressai-je de lui répondre.

Tatiana se leva pour aller se chercher un verre dans la cuisine. 5 minutes après, cette pute embrassait François dans le couloir. Elena, qui passait par là, était assez jalouse et alla voir Boris pour ne pas rester « les bras ballants«.  Le reste de la soirée se déroula de la sorte. Tout le monde embrassait tout le monde à tour de rôle.

Tout le monde passa le reste du weekend un petit sourire en coin. Lundi matin fut un peu gênant pour François, qui retrouva ses collègues, persuadées que les français étaient tous fous. Je préfère le terme “passionnés ».

 

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Weekend a Kazan

Un jour, quelqu’un a eu l’idée d’aller à Kazan. J’ai trouvé le nom rigolo ET je n’avais rien à foutre donc j’ai décidé d’y aller.

-On y va en train, me dit Hélène, on part le soir, et on arrive le lendemain matin frais et dispos. C’est chanmé !

Et effectivement, ça devait être une idée chanmée, car tout le monde a décidé de venir : Nathanael, Seb, Roland le nouveau VIE qui rigole bizarrement, Tom, Wil et son collègue, Natasha, François et sa copine Nastia.

A une soirée chez Nathanael, ils s’étaient enfermés dans les toilettes. C’était marrant parce qu’on était dans le salon juste à côté, donc tout le monde se marrait. Ils sont sortis, ont vu qu’ils étaient grillés, et ont été se rasseoir. François, un petit sourire un coin, a quand même été se chercher une bière.

Depuis, François est un héros, et sa nana bon esprit du côté des mecs, un beau connard et  une p*&^* du côté des filles. Moi je pense que ça fait quand même un bon truc à rayer sur sa TO DO list.

A l’aller dans les wagons, ça a fait un sacré bordel pour s’installer. Personne ne trouvait son wagon et gueulait partout. Du coup, la responsable wagon est arrivée, a gueulé encore plus fort et tout le monde s’est calmé et a trouvé sa place.

Tom, il était super content parce qu’il se retrouvait avec deux filles russes, mais Hélène était avec les garçons (3 mecs russes) et du coup elle a flippé et Tom s’est retrouvé avec trois gros lourds et une grosse déception.

Quand tout le monde a été installé, on s’est mis dans le même compartiment, et on a commencé à discuter, tout en regardant Nastia du coin de l’œil, parce qu’elle était quand même bonne

Là, la responsable de wagon est arrivée. Elle a ouvert la porte, elle avait des bières pleins les bras. Vous voulez pas des bières, elle a demandé ? Nous on a dit que non, et on s’est fait engueuler parce qu’on ne buvait pas. Du coup on a pris ses bières.

On faisait pas mal de boucan et on a décidé d’aller au wagon restau, voir ce qui se passait. Mais à ce moment, Seb a crié : Que de la gueule ! Et nous a donné à tous un masque d’animal (wtf)  à se mettre sur la tête pour aller jusque là-bas.

Le problème, c’est qu’en traversant les wagons, on voyait bien que les gens ne comprenaient pas, et nous d’ailleurs on ne comprenait pas non plus. Arrivés dans le wagon, on a quand même pu s’installer et boire normalement. Ensuite, on a été se coucher pour pas arriver trop éclatés à Kazan.

 

 

 

 

 

 

En pleine nuit, une pute nous a réveillé en ouvrant la porte, et dit un truc en russe. Roland, qui n’aime pas être dérangé la nuit, l’a refermée immédiatement et on s’est rendormis. Ca a recommencé une heure après. Là on s’est fait carrément engueuler, impossible de se rendormir.

En fait le train était arrivé à destination, et tout le monde était sorti. La porte, elle l’avait ouverte pour qu’on se prépare. Deux minutes plus tard, donc, on était sur le quai avec nos valises, pas très frais. François s’est aperçu qu’il avait oublié la valise de Nastia, et il est reparti. Elle était pas très contente.

Pas question de se laisser aller, direction l’hôtel. Deux taxis à deux euros plus tard, on y est, plein centre ville. Et l’hôtel, il est pas mal, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout le monde s’installe, douche, et petit dej !

Les petits dej russes, ils sont franchement dégueulasses. Saucisson, pain, porridge … Pourquoi ne pas manger du gras directement ? Ah pardon, ça existe ET c’est un plat qu’ils adorent. Un délice, surtout au porc.

 

 

 

 

 

 

Une fois fini, direction le kremlin. François marche devant avec Nastia, qui commence déjà à s’énerver. Le problème : être entourée de  français qui ne font que parler français, et ne lui adresse pas la parole.

Moi j ai une excuse, j’apprends le russe depuis un an et demi et je ne comprends toujours rien. En plus je sèche généralement après leur avoir posé une question ou deux, les réponses étant de l’ordre du : oui, non, ça va. Le potentiel d’ennui avec ces filles est énorme …

Le Kremlin, il est plutôt chouette. La mosquée n’est pas mal non plus. Je prends des photos, pendant que Wil nous raconte sa vie sur les chantiers :

-      On travaille toutes la journée avec des ouzbeks. Ils sont un peu comme des lemmings. Si tu leur dit pas de pousser, ils poussent pas. Si tu leur dit pas de s’arrêter, ils tombent dans le trou.

-      Ils sont sympas ?

-       Oui, on fait des shashliks parfois. Ils sont sympas. Mais le chef de camp, il se méfie. Alors il cache sa femme dans une maison préfabriqueée. Il a toujours un peu peur, tu comprends.

-      Il a peut être raison de se méfier. Ca doit pas être évident, pour eux, de vivre dans leurs baraques.

-      Oui parfois c’est chaud, ils veulent pas bosser. Donc je leur dis : Si vous faites pas ça, j’appelle la police. Ils ont pas leurs papiers, alors en général ça marche

-      …

 

 

 

 

 

 

 

Retour au bercaille. Tout le monde est crevé, et on décide de se retrouver en bas, au bar, après un petit break. Quand je descends, Nathanael et Seb sont déjà en train de s’engueuler autour du billard, il y en a qui ne s’arrêtent jamais.

Roland, lui, un whisky  à la main, écrit des poèmes. Je me demande ce que c’est que ce beauf et je vais me chercher une bière. Une heure passe, tout le monde arrive. Sauf François et sa copine. Aux dernières nouvelles  elle sature et peut se jeter sur toute personne parlant français 50 mètres à la ronde. Du coup, on se dit qu’on va aller dîner sans eux.

Le truc, c’est que tout le monde a froid. Alors dès qu’on voit une crêperie au lointain, on saute sur l’occasion. Et quand ils nous disent qu’ils ont de la place pour 10 personnes, on crie au génie.

On s’installe en faisant un bruit d’éléphants, et tout le monde nous regarde. Rapidement ils comprennent qu’on est français et le DJ lance la marseillaise. C’est là que les ennuis commencent. Toutes les tables d’à côté nous regardent, et et se mettent a nous parler. Au début, c’est sympa, les questions tiennent à peu près la route : D’où venez vous ? Pourquoi ne vous enfuyiez vous pas en courant ? Vous parlez russe ? (ma préférée, surtout quand on leur parle en russe depuis 5 minutes à la personne)

Mais ensuite arrive un mec. La trentaine, les cheveux courts avec une toile d’araignée faite à la tondeuse (la classe) et surtout très bourré. Lui il s’en fout de savoir d’où on vient, de  Charles Aznavour, de Joe Dassin, et commande une bouteille de vodka qu’il pose sur la table.

Le mec, on n’a pas trop envie de le contrarier. Sa femme – si si, il en a une – est juste à côté. Elle nous regarde d’un air désespéré, et nous d’un air 1. Compatissant 2.un peu angoissé.

C’est l’heure du premier shot. Notre nouvel ami, ne veut rien entendre. Même les filles doivent boire. 1,2,3 on y va. Cul sec. L’homme araignée vide son verre d’un trait. On arrive à suivre. Hélène arrive à boire la moitié, ça coince chez Natasha qui fait cet air que tout le monde fait avant de vomir, puis elle se ressaisit.

Le temps de baisser les yeux, nos verres sont déjà pleins. L’homme araignée est démoniaque ! Et ça repart de plus belle. Mais rapidement, on voit une faille chez lui. Il est complètement bourré. On se regarde et on se dit qu’on va se le faire. Maintenant c’est Tom et Roland qui relancent. Tous les moyens sont bons : se verser de l’eau, boire et recracher discretos, tout y passe.

Et ça marche. Au bout de quelques shots, le boss de fin de niveau abdique et va vomir. Euphorie chez les français : on l’a eu ! On n’est pas peu fiers. Sauf que … il revient ! C’est un film d’horreur. Et cette fois-ci, il parle ! Et il crie  un truc du genre : je vous emmène tous aux putes !

Ca fait marrer les mecs, Will se tâte avant de se raviser, et les filles regardent sa femme avec un regard 1. Étonné 2. Compatissant 3.Désolé  4. Un peu bouré. Bref, on clos l’addition et se barre un peu en courant. L’homme araignée ne veut pas nous laisser partir, mais sa femme le tient par le bras quelques secondes. Là, miracle, un mec le bouscule et ça finit en baston.

Dehors, on reprend nos esprits. On se dit qu’on irait bien en boite. Ce qu’on fait. Et là, je me dois d’être honnête. Je suis sur que la soirée était dingue. Et visiblement, on me la racontée, et elle l’était. Mais je ne m’en rappelle pas. Notre lutte contre l’homme araignée avait laissée des traces. Trop de traces…

Le lendemain, la journée a été beaucoup plus dure. Personne n’en avait plus rien à foutre de visiter Kazan, et préférait rester à l’hôtel pour se concentrer sur son mal de crâne. Dehors, le temps était déprimant, tout donnait envie de mourir, surtout les jeux d’enfants. Du coup Nastia, en voyant nos têtes déconfites, retrouva le sourire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le retour en couchettes fut très calme. Seb proposa à nouveau ses masques et on l’envoya tous se faire foutre. 7h du matin. Arrivée à Moscou. Deux heures après, on était tous présents au travail. Physiquement tout du moins.

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Un concert en Russie

-      Allo Julien ? C’est Hélène, ça va ?

-      Alors puisque tu me le demandes, non, pas vraiment. Je me demande qui je suis vraiment, et …

-      Je t’appelais pas pour ça. Demain, il y a le concert de Pink Floyd sur la place rouge, ça te dit ?

-      Moi, ça me dit, mais ils sont tous mort depuis longtemps, non ?

-      Il y a un rescapé, apparemment. Et il fait un concert. Bon tu viens ?

-      Ok. Il y aura qui ?

-      Natasha, Yann et son colloc Tom, peut-être Boris

-      Ok à demain.

Le lendemain, on se donne rendez vous à la sortie du métro. J’arrive avec 5 minutes d’avance,  et Hélène m’engueule parce qu’elle attend depuis 10 minutes toute seule. Désormais, j’arriverai en retard, comme tout le monde.

-      C’est abusé comme les gens sont toujours en retard, tu trouves pas ?

-      Ce qui est abusé, c’est les trente cars de flics autour de nous qui nous encerclent …

Effectivement, on était encerclés. Quand je dis cars, c’est une façon de voir les choses. Les cars Suzanne à côté, c’est les cars du futur. Et dehors, noir de militaires  et de OMON. Ces mecs, ils assurent tous les événements un peu «sportifs«, et ils peuvent te tuer sans trop de problèmes avec une main dans le dos, je pense.

 

 

 

 

 

 

Du coup, j’essaie d’imaginer ce que devaient être les concerts de Pink floyd à la belle époque, avec les drogues, les nanas seins nus, fleurs dans les cheveux, tout ça. J’ai un peu de peine pour le survivant. Quand il va voir ça …

Finalement, tout le monde arrive. Hélène les engueule un par un, je me marre, et me fais engueuler encore une fois. C’est parti pour le concert. Le chemin ? Facile, faut passer entre les deux rangées de bidasses. Les gamins, ils n’ont même pas tous 18 ans, j’ai l’impression. Ils  nous regardent un peu avec des yeux de bovins.

 

 

 

 

 

 

Arrivés à l’entrée, je demande à Tom :

-      Tom, tu aurais pu nous dire que le concert n était pas SUR la place rouge mais DERRIERE la place rouge, entre le pont et l’église de Basile le Bienheureux !

-      Ah les cons …

-      Regarde, Tom , c’est pas tout ! Le devant de la scène est vide ! ils mettent tout le monde sur le côté, derrière des barrières !

-      Pas tout le monde, regarde, il y a un carré de chaises. Mon dieu, c’est le carré VIP, c’est pour ça qu’ils vendaient des places à 10 000 roubles (250 euros)

Et oui, ils avaient fait ca. Et là, pour le coup, il y avait du connard. Beaufs de 50 ans avec leur casquette et leur gros bide, venus avec leurs femmes en tenue Léopard et leurs enfants moches. Et nous, on était ou, alors ? Sur les côtés !

Entassés mais heureux d’être ensembles, entre fans, à chanter et à danser ? Non, car c’est là où les organisateurs ont eu le génie de faire des rangées de militaires ENTRE  des rangées de gens pour bien les séparer. Des fois que …

 

 

 

 

 

 

 

Personnellement, je trouve qu’ils ne sont pas allés assez loin. Par exemple, vu qu’il y avait autant de militaires en tout genre que de participants, ils auraient pu nous obliger à tous leur tenir la main. Et là, on aurait eu un symbole assez fort. Mais c’est pas comme ca que ca s’est passé…

Sur scène, Roger, notre survivant, a juste halluciné. C’est marrant, parce que visiblement, il n’était pas au courant que ça se passerait comme ça. Chanter devant 50 connards assis sur des chaises en carton, d’habitude, ça se fait en maison de retraite, pas à un concert des Pink Floyd, putain.

 

 

 

 

 

 

Que les choses soient claires, on s’est vraiment marrés, nous, dans les « tribunes«, parce qu’une organisation pareille, c’était juste incroyable, et malheureusement j’ai jamais revu ça depuis. A un moment, Rodger, il a tenté un : Please stand up, à l’attention du carré VIP juste en face de lui. Deux vieux se sont levés.

Le seul bémol, c’est que comme on avait le droit à rien, on a du attendre la fin du concert pour aller boire une bière. Bien méritée à mon avis !

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Enterrement de vie de garçon – Les puceaux

-      Allo François ? ça va ?

-      Ben oui, c’est vendredi. Ce soir, il faut sortir

-      Encore ??? mais je suis crevé, moi …

-      J’y peux rien, Julien,  c’est vendredi. C’est pas moi qui fixe les règles, tu sais …

-      Bon d’accord. C’est quoi le programme ?

-      Tu te souviens de mon collègue français, Jeff ? il va se marier bientôt, donc ce soir, on fait son enterrement de vie de garçon. Les garçons sortent entre eux, et les filles entre elles, avec Lisa.

-      Jeff  et Lisa ? Bien sur que je me souviens. Ils nous avaient invités au sauna et tu avais pissé dans les braises, provoquant l’évacuation de la salle.

-      T’avais dit que si je le faisais tu le ferais, julien. T’es vraiment un traitre…

-      Mais j’ai pas pu, tu m’as asphyxié ! Je m’attendais à un truc plus sympa, genre l’odeur de pain grillé quand on verse de la bière. Bon, en tout cas, super pour Jeff et Lisa. Il faut qu’on lui prépare un truc sympa. Par exemple, on pourrait …

-      Je t’arrête tout de suite. Diner dans LE bar à putes de la ville sur tverskaya, puis sortie dans LA boite à striptease juste à coté.

-      Je vois que tu as tout soigneusement planifié. Ok , i am in. Mais pour leur cadeau ?

-      Ils veulent un brumisateur

-      Un quoi ?

-      T’inquiètes, les filles connaissent.

-      Incroyable. Bon on se retrouve au « restau« ce soir vers 20h ?

-      Ca marche. A toute

Vendredi soir, 20h. J’arrive.  On peut pas le louper. C’est écrit en gros : Night Flight, do it tonight ! On pourrait décoder par: et pourquoi tu ne te ferais pas une pute, ce soir? C’est vrai ça, pourquoi pas, je voulais aller m’acheter des fraises au magasins à côté, et à la place, je reviens avec une pute ! Mais c’est génial comme concept !!!!

Je reprends. A l’entrée, deux gorilles. Je déconne pas. Deux gorilles. Ils me sourient, je me méfie, m’ouvrent la porte, je me méfie, je rentre, et là je me dis que c’est serieux comme concept.

A l’intérieur, une hôtesse canon me demande ou je vais. Pensant que « dans ton cul« ne soit pas la meilleure réponse à apporter, je précise qu’on à réservé une table à 20h

Elle me fait un grand sourire, et me demande de la suivre. Elle, je la suivrait n’ importe où. On passe un long couloir, qui débouche sur une grande salle, très classe, mais vide. Au fond, un escalier à colimaçon nous emmène jusqu’au restaurant.

A l’intérieur, vers les fenêtres, la fine équipe est déjà là : Nathanael, Francois, Jeff, et même Yann sont de la partie. Je m assoie, un grand sourire aux lèvres. D’ailleurs, tout le monde a un grand sourire aux lèvres.

Le diner se passe très bien, la nourriture est excellente, toutes les tables sont pleines. On fait quelques toasts à la santé des mariés, ils sont tout beaux tout mignons, et on leur souhaite pleins de bonnes choses.

Là Jeff nous explique qu’il est venu en Russie suivre sa belle rencontrée en France, et qu’à la sortie de son premier jour de boulot, il s’est fait mordre par un chien, ce qui s’est traduit par une nuit à l’hôpital pour un traitement anti rage. On est mort de rire. Lui non. On arrête de rire.

Le repas fini, on pense à descendre au bar. Une heure plus tôt, c était vide, donc je ne mise pas trop sur le bar non plus. On descend après avoir bien payé nos 10% de pourboires comme des crétins d’étrangers, et là … c’est déjà beaucoup plus funky.

Le bar est rempli de canons et d’expats en chemise à fleurs. C’est donc là le lieu du crime. Instantanément, les filles viennent nous parler. Elles parlent toutes anglais ou français, et sont plutôt sympa.

On boit quelques verres ensembles, on discute de tout et de rien : les vacances en Espagne, ou trouver un bon vin à Moscou, leur cul,  elles sont vraiment cools, ces filles. Elles ont compris qu’ont était des blaireaux, mais elles restent à discuter.

Visiblement, une voulait faire prof de français. Et finalement elle a fait pute. Après une demi heure, on vide nos verres, direction le strip-tease  Juste à coté. Pratique. Le  911, ça s’appelle. Tiens, justement le voila.

L’entrée est plutôt discrète, on passe un long couloir avant de trouver bloqués par deux gorilles. Je me demande comment ils ont pu courir aussi vite d’un établissement à l’autre.  On rentre, on paie, et comme ce soir, c’est notre soir de chance, ils nous trouvent une table.

La salle principale est très bien faite : circulaire avec des renfoncements dans lesquels ils ont installé de grands canapés. On est dans un de ceux-là, justement. Au centre, une estrade et quelques barres de pole dance.

On s’assoit, et on regarde. Moi, je suis forcement à l’aise comme une poule qui aurait trouvé un cure dent, et pourtant on a tous les yeux qui brillent. On commande des whiskies. Les nanas ne dansent pas, elles flottent, elles volent, ce sont des anges. Je les aime.

Nous, on est dans nos fauteuils et on rigole bêtement pour cacher notre nervosité. On dirait cinq étudiants en informatique…Enfin surtout moi, puisque j’étais étudiant en informatique. On commande des whiskies. Les nanas, elles, une fois leur show fini, vont de table en table, et dansent un peu si le client accepte.

Ce qui est marrant, c’est que c’est marqué puceaux sur nos têtes, et du coup elles sont plus gentilles avec nous. Elles savent qu’avec nous, elles ne craignent pas grand-chose.Elles viennent nous voir, nous parlent un peu, sont surprises quand on leur dit qu’on est français, nous sortent alors quelques mots, et dansent un peu parfois.

Nous, on est dans les canapés. On se sourit les uns les autres. On est bourrés, on pue le parfum, la vodka, le whisky, l’huile de massage, on est amoureux au moins 10 fois.

Et la Russie est le plus beau pays du monde.

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Meeting the parents

Ca faisait un an que j’étais avec Natalia, et tout se passait super bien. Elle nous avons décidé qu’il était temps de rencontrer ses parents. Rendez vous fut pris un dimanche après midi, chez eux.

Très franchement, c’est pas que j’avais peur d’y aller. Mais l’idée de me retrouver coincé avec des inconnus me questionnant dans une langue inconnue, loin de chez moi… Ok . j’étais pété de trouille

-Julien, me dit’ elle au téléphone,  essaie de ne pas être en retard. On a dit 16 heures. Ramène du vin.

-On va boire du vin l’après midi ? On va manger ? C’est un dîner ? Pourquoi 16 heures ? Qu’est ce qui se passe ?

-Julien, ne pose pas tant de questions. Viens avec du vin, tu entends ?  Tu as compris où c’était ?

- A 10 stations du centre. Ce n’est pas dangereux ?

- Pourquoi dangereux ? Tu imprimes l’adresse, et tu notes le code que je te donne.

-Ecoute, Natalia, je préférerais que tu viennes me chercher au métro. Je sens que je vais encore me perdre, et je me sens pas rassuré.

-Julien, ça fait 2 ans que tu es ici, tu devrais maintenant être capable de trouver un immeuble. Si tu veux, tu me téléphones, je te guiderai.

-Oui, mais vous, vous avez des adresses bizarres, du genre, bâtiment 21/3 B 1, qui se trouve dans une cour d’immeuble accessible en passant sous une arche et … Bon d’accord, à demain.

Le lendemain, réveil en fanfare. Il est 14 heures, j’ai mal au crâne, et j’ai envie de vomir. Je vomis. C’est mieux. Je prends un truc à manger, et je prends une douche d une heure. C’est déjà beaucoup mieux.

Bon, s’habiller. Si je voulais vraiment les épater, je mettrais mon costume cravate du boulot. Ca ferait un peu trop. Plutôt jean chemise. Le jean fait décontracté, genre c’est dimanche, et la chemise rappelle le côté un peu sérieux. Je la rentre dans le jean ou je la sors ???

-Natalia ? La chemise, il faut la rentrer ou la sortir ?

- Chto ? Julien,  viens en tee-shirt, même, mais dépêche toi tu es déjà en retard.

- D’accord, d’accord …Je vais la rentrer, c’est plus prudent. Bon alors maintenant, les chaussettes. Putain, elles sont toutes trouées.

-Natalia, j’ai des mites à la maison. Toutes mes chaussettes sont trouées

-Julien, je ne sais pas si tu as des mites, mais je sais en revanche que tu vas avoir de sacrés problèmes si tu ne te dépêches pas. Allez !davai davai !

Bon, j’ai deux chaussettes pas trop mal de la même couleur, un coup de peigne et c’est parti.

1 heure plus tard, je suis à côté chez Natalia. J’ai trouvé tout seul et je suis super fier, sauf que je suis en retard d’une heure. Le quartier est calme, il y a des arbres, beaucoup de gens dans la rue. C’est moche mais ça n’a pas l’air si mal.

Je longe des immeubles identiques pendant 15 minutes, avant de trouver l’entrée. Fier, le Julien. J’ai peur. Je sonne. Un aboiement me répond presque immédiatement. Je suis le bienvenu, je le sens.

Je rentre dans l’immeuble, une vieille me demande où je vais, je ne comprends pas. Elle répète plus fort. Je ne comprends pas. Maintenant, elle crie. Je préférais le chien. Comprenant que je suis débile, elle se ravise et me laisse passer. J’ai toujours su que jouer au con était gagnant.

Finalement, j’arrive au 7e étage. Natalia est là. Je m’approche de la porte. Un chien qui ne ressemble à rien et tout petit se jette sur moi. Il ne mord pas mais il griffe. J’essaie de le caresser. Bon il mord aussi.

Sur le pas de la porte, son père. Je vais pour lui serrer la main mais il m’engueule parce que je suis sur le pas de la porte. Je ne m’attendais pas à un vent de sa part. Ca porte malheur, m’explique Natalia

Je mets cette fois-ci les deux pieds à l’intérieur. Là, il sourit, me sert la main et regarde longuement mes chaussettes. J’essaie de dire un truc mais je me rappelle que je ne sais pas dire mite en russe. D’ailleurs je ne sais rien dire en russe. On s’en fout. J’ai l’air d’un con et je mets les pantoufles qu’on me donne.

Sa maman est à coté. Très gentille, douce, elle tient dans ses bras la bête qui a essayé de me tuer juste avant. Celle-ci me regarde d’un air : si ce n’était que moi, j’en aurais déjà fini avec toi (le chien, pas la mère)

Les présentations faites, on s’installe. C est un dîner, donc. Tous les plats sont posés sur la table. Il y en a pleins : salade, brochettes de poulet,  pâtés faits maison, poisson frais. Je suis impressionné.

Ses parents sont très gentils, ils me posent pleins de questions sur moi, sur la France. Bien sur, je ne comprends rien à ce qu’ils racontent. Natalia traduit donc tout.  A un moment, ça bifurque sur Napoléon. Ca m’emmerde déjà.

Je réponds que je m’en fous, de Napoleon, mais le traducteur n’accepte pas la réponse, et donc je reformule. Pendant ce temps, le chien qui 1 heure plus tôt voulait ma peau est maintenant à mes pieds. Il sent qu’il y a un coup à jouer. Un crétin d’étranger doit forcement nourrir les chiens …

Sauf que d’un coup celui-ci se mets à sauter entre mes genoux. Sentant qu’on veut porter atteinte à ma vie, je resserre vivement les genoux, ce qui a pour effet … d’assommer le chien!!!! EXACTEMENT ce qu’il me fallait. PUTAIN!!!!. J’achète des fleurs, du vin, je réponds aux questions sur Napoléon et le chien vient tout péter.

Mais non, seule Natalia le remarque, ça la fait marrer, et on continue la conversation. Je lâche un bout de viande pour me faire pardonner et son père m’engueule car il ne faut pas nourrir le chien. Heureusement qu’il ne m’a pas vu deux minutes plus tôt.

Le reste du repas se passera sans accrocs, et le cognac de fin de repas scellera à jamais l’amitié franco russe, Napoléon, Joe Dassin et tout le bazar.

Sur le palier, je dis au revoir à tout le monde, presque ému. Même le chien a l’air mignon. Je le caresse, il me mort, je tends la main au père et il m’engueule car je suis sur le palier. Mais cette fois-ci je m’en fous, je suis bourré.

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Le vide abyssal

Les vendredis après midi m’ont toujours fait flipper. Pourquoi ? Parce que vendredi, c’est le jour de la semaine ou on entrevoit la liberté. Sa liberté. Et la vérité, c’est que je ne sais pas quoi en faire…

Le fait d’imaginer ces deux jours me fait toujours froid dans le dos. M’apparaissent des images de froid et d’abandon, de solitude. Petit, je m’empressais d’appeler tous mes amis Maintenant, ce n’est plus trop possible. Les gens ne comprendraient pas.

Et fait aggravant, tout le monde est joyeux ce jour-là. Dans la rue comme au travail, les gens sourient, respirent, ils sont contents. Moi ça me déprime, car sous leurs airs malins, c’est comme s’ils avaient tous de super plans, et que moi, je n’avais rien.

Je ne me fais pas d’illusions, je sais que la plupart va aller faire ses courses chez Auchan, vider une bouteille de vodka, aller voir la baboushka dimanche après midi et perde 3 heures dans les bouchons mais n’empêche que l’impression est tenace, les autres s’amusent, et moi, je panique à l’idée d’être seul.

Donc cette après midi la, je suis avec Nathanel, Seb, unV.I.E, et le nouveau venu, Ronan. Ronan, il rigole comme une vache, et ça fait peur a mes collègues. Rien que pour cette qualité la, je l’aime bien.

-Seb, Nathanael, Ronan , vous faites quoi ce soir ?

-Je rentre à la maison, et je me repose avec ma copine, me dit Seb

-Idem, me réponds Nathanael

Rires flippants de Ronan

-Et toi, Julien ?

-Je sais pas, ça me fait déprimer.

-Bon allez, on y a va, me réponds Nathanael, c’est l’anniversaire de ton collègue Alexander.

Et instantanément, la peur se lit sur mon visage. Anniversaire = gâteaux crémeux+saucisson douteux+vodka+histoires sur Napoléon. N’ayant pas le choix, c’est mon chef,  je m’y rends à reculons.

Les toasts ont déjà commencé. Un verre de cognac, cul sec. Un deuxième. Je vais trinquer avec mon chef, un troisième. J’ai peu mangé de la journée, et je suis déjà bourré.

Je me dis que l’alcool, finalement c’est top, je n’ai plus peur d’être vendredi soir. On reste encore un peu, je vais même jusqu’à faire un toast dans un russe lamentable et pars chercher  mes affaires en essayant d’éviter mes chefs.

Départ pour la maison. Il n’est que 17h. Je déteste finir aussi tôt.  Je vais faire quoi à la maison ???  Dans la rue, les gens font leur shopping, parlent au téléphone, bref ils ont l’air heureux.

Moi, ça me plonge encore un peu plus dedans. Je suis incapable de comprendre le sens des choses. Je ne m’intéresse à rien, tout m’ennuie

Alors quoi, je vais travailler, on me donne de l’argent pour ça, et après ? J’en fais quoi ? Tiens, un joli couple. Ils sont mignons, bras dessus bras dessous, peut être qu’un jour j’aurai ça, moi aussi. Zut, mon téléphone sonne.

-Juju ? Qu’est ce que tu fais ?

-je déprime, c’est vendredi

-Allez ramène tes fesses, on fait un apéro à la maison, François est déjà là, Nathanael arrive bientôt, sa nana vient de le quitter.

-Super !  J’arrive tout de suite.

Sur ce, j’accélère le pas, dépasse mon couple de tout à l’heure, qui me parait déjà bien fade avec leur bras ballants, les loosers, et cours dans une bouche de métro.

Arrivés chez Seb, la maison est remplie de bière et de bonne humeur malgré la pluie,. Je finis de me déshabiller lorsque Seb me lance une bière que je manque de ne pas rattraper. La première gorgée de bière est toujours la meilleure, alors j’essaie de m’appliquer au moins là dessus.

Pas de doute, c’est bien cela. Le reste de la soirée se déroulera comme sur des roulettes, les habituels continuant de débarquer en permanence. Tous mes amis. Super soirée. Et c’est vendredi, il faut sortir, et ça finira … au real Mac Coy, pour changer.

Dans le taxi, Francois me demandera ce qui se passe, voyant que je suis triste. Je lui expliquerai rapidement la situation, ce à quoi il me répondra :

-Julien, mais tu réfléchies trop. Tu es à Moscou, c’est vendredi soir, il y a de la bière, des filles. T’es vraiment qu’un connard !

A ce moment là, j’ai LA révélation : je ne sais toujours pas qui je suis et ou je vais dans la vie, probablement nulle part d’ailleurs entre nous, mais je sais avec qui j’y vais, et c’est tout ce qui compte vraiment.

 

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Souzdal, l’autre ville du n’importe quoi

Les villes de l’anneau d’or sont connues pour leur beauté, et tous les touristes visitant Moscou et ayant un peu de temps s’y précipitent généralement, Pour moi, des villes comme Rostov ou Souzdal resteront synonymes de vodka, baston la nuit dans les monastères et d’absinthe avec la milice. Ce qui s’est passé, nous allons le voir.

Assis au bar du Real Mac coy, Francois, Sébastien, Will, son collègue Ben et moi-même déprimons. C’est lundi, et comme d’habitude, on n’en peut plus.

- j’ai encore fait un malaise au travail, nous explique Francois. Je devrais essayer de dormir un peu plus,  dit il tout en buvant une gorgée de bière pour faire passer la pizza.

- au fait, nous dit’ il. Hier je promenais avec Nastia, ma nouvelle copine. En passant sous un arbre, on voit un chaton coincé. Moi je m’en tape, mais elle, elle veut à tout priх appeler les pompiers. Coup de malchance, il y a avait une caserne juste à coté.

On rentre, il y avait 4 types, ils avaient visiblement déjà bu. Des pompiers russes. Les mecs comprennent très vite que je suis français et me proposent de boire de la vodka. Pendant ce temps, deux types regardent ma nana bizarrement. Mais ça en reste là, et on boit.

Deux heures après, on sort de la caserne, moi je suis bourré, et on n’en à plus a rien à foutre du chat. Nastia me dit alors qu’il est tard, et me demande si je peux la raccompagner.

Arrivés en bas de chez elle, elle me propose de monter boire un thé. J’accepte ! Mais toujours et encore impossible de l’embrasser. Et là, tenez vous bien, elle me dit que si je veux je peux la prendre en levrette sur le tapis. Mais l’embrasser, c’est pas possible. Fou, non ? Et bien je suis parti.

On acquiesce tous, sans vraiment comprendre. Là il nous dit, que d’habitude, c’est les putes qui n’embrassent pas. On ne comprend toujours pas. Je me dis qu’on est foutus. Ca ne fait pourtant qu’un an que je suis là … Dommage, j’aurais peut être pu faire un truc de ma vie. Avec des enfants, tout ca…

-Les mecs, j’ai une idée, nous dit Will. Ce weekend, on prend les voitures du boulot, et c’est à Souzdal qu’on ira choper.

Bingo, tout le monde est partant. Par acquis de conscience, j’appelle nos autres amis qui ont un vrai travail et par conséquent font autre chose que de trainer dans les bars.

- Allo Yan, c’est julien. On part à Souzdal le weekend prochain. Ca te dit ?

- Grave, j’ai bien envie de faire une petite pause avec le boulot. Y aura qui ?

- J’ai oublié de te dire, ce sera un weekend mec.

- Ah, je faut que je vérifie ça alors.

- T’auras pas la permission, c’est ca ?

- Ta gueule. Bon, on se tient au courant, le premier appelle l’autre. A+

Allez, c’est décidé, on part en weekend. On a un plan, enfin. On revit. Allez, tournée de bières pour fêter ca. Ca se fête, non ?

Samedi matin, 9h30, mon téléphone sonne.

-Julien, mais t’es ou ? On avait dit 9h !

-Allooooooooooooo ?

-Putain, tu t’es pas réveillé, c’est ca ?

-Pas ma faute, c’est Francois et Eléonore qui m’ont fait boire… Bon je vomis, j’enfile un pantalon, donne les clés a la voisine (et surtout pas l’inverse) et j’arrive.

1 heure après, j’arrive. Tout le monde de me traite de boulet, et on part enfin. Moscou en banlieue l’hiver, ça donne envie de se tuer. Les gens habillés en noir, ceux qui boivent de la bière ou de la vodka dès le matin, le ciel gris, les tours d’immeubles, tout ça quoi. On est super contents de partir

3 heures plus tard, on arrive à Vladimir, et pour me le signaler, on me file un grand coup de coude dans les cotes. On est devant un énorme Kremlin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ca me réveille.

 

 

 

 

 

 

 

C’est magique, tout est blanc autour de moi, même les murs du kremlin le sont. Du coup les pointes d’églises en bleu, vert et autres étoiles dorées  donne une atmosphère magique a ce lieu.

Devant l’entrée, des grand mères vendent des poissons congelés. Ce ne sont plus les baboushkas de Moscou. Maintenant ce sont de gentilles mamies. Qu’est ce que j’aime sortir de la ville. Cela ne fait pas plus de quelques heures, et nous sommes déjà dans un autre univers, à une autre époque. Dans un autre monde …

 

 

 

 

 

 

 

La visite se passe bien jusqu’a ce que Seb envoie une boule de neige sur Francois. La bagarre commence alors dans le kremlin, au milieu des touristes ahuris. Finalement, ils comprennent que ce n’est pas le bon endroit, et font  une trêve

En Sortant du Kremlin, on décide de se rendre à notre hôtel à Souzdal, qui lui se trouve dans un monastère. On a eu vraiment de la chance d’avoir de la place, et en plus on est tous ensemble. C’est vraiment génial, ça.

Souzdal ressemble à un village. Les routes sont pavées et les chevaux y promènent les touristes en calèche. Les Maisons font trois mètres de haut et sont très mignonnes, avec leurs volets de toutes les couleurs.

 

 

 

 

 

 

On s’y promène un peu, puis on décide d’aller manger dans un restau branché de la ville. Ce soir c’est la fête. Le café est transformé pour l’occasion, il y a même un DJ. DJ Jenia. Bien sur, tous les bouseux et les bouseuses du coin sont rassemblés. Les gens mettent 3 secondes à comprendre qu’on est étrangers, mais ça ne se passe pas trop mal

La vodka coutant 300 roubles la bouteille, on est bientôt tous bourrés. Cette soirée fait plaisir, les cul terreux restent tranquilles et ça se passe bien. Sauf que là, François décide d’aller commander au bar. Il se met à discuter avec la milice locale, accoudée comme lui, et dans la foulée, commande une tournée d’absinthe. C’est à partir de la que tout est parti en couilles je crois.

Une, deux, trois absinthes plus tard, Francois et quelques autres sont morts. Leurs meilleurs amis sur terre s’appellent maintenant Dmitry et Evgenii. Moi je m’en sors mieux, j’ai juste bu de la vodka.

Il est 3 heures, et le café ferme, on salut respectueusement le DJ de la soirée et on sort. Je vomis. C’est le moment que choisis Seb pour me faire un plaquage au sol, auquel Francois décide de se mêler. Dehors il fait -10 degres.

On se bats  une heure sur place, puis on décide de rentrer. Arrivés dans le monastère, on se bats encore. Je ne sais plus si j’ai eu plus mal au crâne ou  mal tout court, mais c’était une sacrée soirée.

Le lendemain, après avoir payé les nonnes , on est repartis. On a visité d’autres églises, on a marché sur un lac gelé, et finalement on est rentrés à Moscou en fin d’après midi. Rien n’avait changé : il faisait froid, pas beau, les gens étaient toujours aussi moches.  Mais on s’en foutait …

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